La solitude

La solitude. Cette vieille amie.

Elle survient la nuit, le jour, sans se soucier de mon état, mon humeur, mes envies. Elle s’invite et s’assied sur mon plexus solaire. Elle commence à faire causette bien que mon esprit tente de l’ignorer de toute sa superbe, toute sa volonté. Tenace, elle veut se faire entendre. Elle attend, imperturbable que je finisse par reconnaître son existence.

Solitude, ce que tu m’ennuies.

Je pensais t’avoir apprivoisé depuis toutes ces années. Avoir compris comment te tenir à distance, te rationaliser. Te diminuer même par instants. Et pourtant, tu continues encore et toujours de me suivre, de tarauder mon épaisse carapace et mes idées si vivaces.

Même entourée, dans l’effervescence de la fête, d’un verre avec les miens, tu m’enfonces avec délicatesse ton poignard sous les côtes lorsque je m’y attends le moins. Et, malgré mes blagues, ma joie, mon amour, je perçois dans le miroir, sous cette frange, des yeux se flouter et les gestes ralentir. Disparaître.

Tu éteins d’un coup sec, d’un sceau glacé, le feu qui brûle. Tu souffles sur les cendres pour mieux les éparpiller alors que je tente de les retenir de mes doigts tremblants. Tu souris et disparais souvent comme tu es venue, sans prévenir, ne laissant que mes mains frissonnantes et mon esprit engourdi.

Mais tu vois, Solitude, tu ne gagneras pas. Je renais toujours. Des étincelles surgissent de mes idées qui s’entrechoquent. Ces mêmes pensées rallument la braise. Puis le feu. Et je redeviens incendie.

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