Le sexe en couple

A vous mes exs et mes parents qui lisez ces lignes, merci de fermer cette page web.

Après avoir détaillé légèrement (non, je plaisante, avec profondeur et assiduité), la première nuit, j’aimerai aborder ici ce sujet ô combien fameux du sexe sous un autre angle. Le cul en couple. Après cette première nuit (réussie ou non), s’en sont suivies d’autres jusqu’à ce que l’un des deux protagonistes prenne son courage à deux mains et s’affirme en mode « toi, moi, together ? ». Que le couple se compte en mois ou en années, le résultat est le même : le rapport à la sexualité change.

Au début d’une idylle, tu passes littéralement ton temps à sauter sur l’autre. Tu as soif de sa peau, de sa sueur, de son odeur, de tout. C’est comme si nos hormones dansaient la samba après trois shoots d’acide. En réalité, il ne s’agit que de l’attrait de la nouveauté : tout est démultiplié par centaines de volts et frôler le petit doigt de pied te déclenche des palpitations. Le sexe reste aussi une manière de combler des silences qui peuvent nous rendre diablement mal à l’aise. Lorsqu’on embrasse une quelconque partie du corps, on prend moins le risque de dire une connerie ou d’entendre l’autre nous agacer. Personnellement, je tolérais plus la bouche de certains sur la mienne (ou autres endroits du corps mûrement choisis) que grande ouverte à déblatérer des inepties.

Quelques mois s’écoulent et le corps de l’autre, cette terre inconnue, devient peu à peu un lieu démystifié et confortable : le canapé de Mamie Claudine. On en connaît les moindres recoins, là où ça pique, là où l’on est sûrs de s’endormir, là où le pied est un peu branlant… On choisit donc la facilité et l’on table sur ce qui nous réussit le mieux, à ce bon vieux canap’ et nous.

Être dans une relation de longue durée consiste à connaître l’autre par corps et par coeur : on sait quand il va jouir, juste à l’intonation d’un soupir et d’un mouvement du bassin. Nous avons notre doctorat sur ses orgasmes : nous savons comment y arriver, même avec une cuillère à soupe si besoin.
Tu crains moins aussi les bruits étranges lors du coït et tu trouves prétexte à rire de tout. Exemple : les frouits, ces pets de fouffe qui te font rire après quelques mois alors qu’au début ils te donnaient juste l’envie d’avaler de la javel. Tu quittes le mythe Tahiti-Douche-Sexy-En-Permanence et retrouves la vraie vie, les ratés du quotidien : la relation devient trop solide pour qu’un pet échappé par mégarde provoque un ghosting dans les règles de l’art.

Cette confiance permet de réaliser des fantasmes : on s’y aventure sans crainte de jugement (sauf si cela implique des délires répréhensibles par la loi ou incluant des aliments étranges type le natto). On expérimente. On teste. On prend en XP (quiconque a partagé la couche d’une personne n’ayant eu que des plans culs dans toute son existence confirmera : la baise est mauvaise, mécanique et profondément ennuyeuse).
Le Kama-Sutra est peaufiné : futur artiste du cirque Pinder, l’étreinte du panda, l’acrobate et l’artilleur sont devenus des incontournables. Tu coches des lieux incongrus comme les trains, les cimetières, les impasses : plus tu t’éloignes du lit, mieux c’est.
Des fessées, tu passes à une connaissance de certaines pratiques qui feraient rougir Christian Grey (de toute manière, il pâlit déjà d’être le personnage principal d’un bouquin au style littéraire plus que douteux). Tu prends des actions chez Passage du Désir et caches religieusement sous le lit les sex toys, ces Playmobil pour les Grands.

Et puis, doucement sans qu’on ne le sente forcément venir, on préfère discuter et se blottir l’un contre l’autre. Des moments de douceur, de tendresse et de communication plutôt que cette baise purement charnelle.
Célibataire, tu ne sais pas si tu reverras un sexe de si tôt donc tu donnes tout pour que la nuit soit magique, productive et efficace.
En couple, tu arbitres : l’autre est là. Tu le sais. Il ne bougera pas d’ici la fin de la semaine. Dormir ou jouir, il faut choisir et tu n’hésites pas très longuement. La relation de couple peut nous transformer en paresseux (l’animal mais l’adjectif qualificatif fonctionne également). Le MMM évolue : de matin-midi-soir, tu passes à mardi-mercredi-samedi puis mars-mai-septembre. Rien de bien grave si tout le monde y trouve son compte.

Mais la société est là pour nous filer une petite crise d’angoisse à ce sujet : le stress de « ah on ne couche pas assez, ça sent la fin de notre couple » alimenté par Cosmo, Grazia, tes potes toxiques. Tu te forces presque par instants : il faut s’assurer que ton couple tienne la route. Que vous vous désirez encore. Que tout va bien.
Mais en faisant cela, tu confirmes au contraire que ce n’est pas le cas. On ne parle pas de commander une Margarita ou un chirashi mais quelque chose d’un poil plus intime.

La masturbation posera des problèmes à certains : comment ça, l’autre se touche sans toi ? Ta relation se casse la margoulette, warning. C’est parce que tu as grossi, que l’ennui vient toquer à sa porte.
Erreur bis et prenons pour illustrer cela une métaphore simple : avant de vous rencontrer, il vous arrivait de déjeuner ou dormir seul. Moment rien qu’à soi, tranquille, devant un Disney ou un Marvel. Et bien, là, nous sommes sur le même principe.

Le sexe en couple ressemble au sexe célibataire : apprendre à poser ses limites. S’écouter. Se respecter et respecter l’autre. Rire. Se découvrir.
N’oublions pas que toute personne avec qui nous sommes conditionne nos prochaines aventures et inversement.

Je terminerai sur ces belles paroles de Denis Robert « Le sexe est une drogue. J’ai mes périodes de shoot et d’abstinence. »

2 commentaires sur “Le sexe en couple

    1. Merci Laurine pour ton adorable message !! 🙂 Je suis ravie que mon texte t’ait plu. La société nous fait toujours peur là dessus alors que bon… Rien de bien grave.

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